
On meurt toujours du sida en France et malgré l'information, un jeune sur 3 n'utilise pas systématiquement les préservatifs. Les faits sont là. Ici ou ailleurs, la nécessité d'innover pour être écouté se fait grande. De plus en plus, la prévention doit être mise en scène pour être efficace.
Sex in the City
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On retrouve à Solidays "Sex in the City", un parcours interactif de prévention des risques liés à la sexualité. S'appuyant sur une mise en scène qui joue tour à tour sur des registres ludiques ou provocants, ce parcours invite le visiteur à se projeter dans des situations diverses dans lesquelles la sexualité est abordée à travers différentes thématiques (amour et plaisir, risque et dépistage, prévention). A la fin de la visite, le public peut avoir un entretien avec des acteurs de prévention, repartir avec de la documentation ou du matériel de prévention.
En 2009, Sex in the City a accueilli plus de 7 000 visiteurs et 12 000 préservatifs masculins et féminins ont été distribués.
Les Après-midi du Zapping

Solidarité Sida a mis au point cette formule pédagogique à destination des lycéens : extraits d'émissions de télévision, quiz et dialogue interactif avec des spécialistes de la prévention : voilà le trio gagnant utilisé pour sensibiliser aux enjeux liés au sida et à la sexualité. « J’ai beaucoup aimé le principe de placer les élèves en situation de discussion. Ces Après-midis utilisent leur langage et leurs codes culturels sans être didactiques. D’emblée, certains ont compris que le Zapping était en rapport avec la notion de risque. A l’intérieur des plages de programmes télé, on intercale des modules de prévention. Cela permet d’intégrer plus facilement le discours. Les élèves sont d’autant plus interpellés sur ces questions qu’ils ont ri. Le fait de réunir environ cinq classes à chaque fois dans un lieu situé en dehors du lycée s’avère particulièrement efficace. La très grande majorité des élèves et des enseignants a adoré cet outil. Ils ont compris le message » témoigne Marika Jebali, infirmière scolaire à Paris.
Près de 4 900 lycéens ont pu assister à l’une des Après-midi du Zapping organisées par Solidarité Sida en 2009.
Sexe et Rock'n'Roll : la prévention façon "Clubbing"
Solidarité Sida imagine de nouveaux moyens pour aller à la rencontre des jeunes là où il sont et les aborder de manière percutante et créative. Voilà pourquoi l’association a choisi d’interpeller son public sur le terrain de la fête en déclinant une action originale de prévention autour de la recherche de plaisir. Munis de paniers en osiers garnis d’objets insolites (sex toys, préservatifs fantaisie, lubrifiants parfumés, etc.) et arborant un look détonnant, les équipes Prévention de Solidarité Sida n'ont pas froid aux yeux. Objectif : susciter la curiosité des noctambules, aller à leur rencontre et nouer le dialogue. Protection et plaisir sont-ils compatibles ? Peut-on faire la fête tout en gardant la tête sur les épaules ? Loin d'être rébarbative, cette approche, parce qu'elle est adaptée au lieu et au moment, est toujours très bien accueillie par les clubbers. Et les partenaires de ces actions Clubbing en redemandent ! Si vous êtes parisiens, vous croiserez peut-être ces acteurs de prévention pas comme les autres au Cabaret Sauvage, à la Flèche d'Or, à la Bellevilloise ou à l'Elysées Montmartre.
A la rencontre des jeunes en foyer

« Les idées reçues et les fantasmes ont la peau dure. Sur la maladie, sur les risques de contamination, toutes sortes de croyances continuent de circuler. Un jour dans un foyer, j’ai rencontré un groupe de jeunes filles qui était persuadé qu’en buvant un verre de coca-cola après une fellation, on s’immunisait contre le virus. Il a fallu parler longtemps et plusieurs fois avec elles pour qu’elles renoncent à cette idée. Cette fois-ci, j’ai vraiment eu le sentiment que mon engagement servait à quelque chose », raconte Anne Leleu, bénévole de Solidarité Sida depuis 2002. Combattre les a priori, les informations mal comprises, le silence qui entoure souvent les questions liées à la sexualité, tout celà passe d'abord et avant tout par le dialogue pour aller sur le terrain de l'autre, comprendre ses craintes et lui proposer des moyens de réduire les risques qu'il prend dans son quotidien.