« Il y a vingt ans, lorsque nous avons 
fondé Solidarité Sida, nous savions qu’une telle 
entreprise relevait de la gageure. Le sida était une maladie mortelle et nous n’étions pas prêts d’en voir la fin. Mais nous avons senti dans la 
jeunesse une telle volonté de ne pas baisser les bras face au fléau, un tel enthousiasme et un 
désir de solidarité si vaste
 que nous ne pouvions 
plus faire machine arrière.
 Solidarité Sida, c’est cela 
avant tout : l’histoire d’un 
engagement collectif et 
générationnel fondé sur l’envie d’agir et le refus 
de la fatalité.

Aujourd’hui, le sida est 
toujours cette maladie 
dont on ne guérit pas. 
Mais elle revêt en plus un
 caractère politique. Chez
 nous, en France, ce sont les plus vulnérables qui 
sont touchés. Au Sud, comme on dit pudi
quement, c’est-à-dire en Afrique, en Asie du 
Sud-Est, en Amérique du Sud et maintenant, 
même dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, des 
millions de familles sont frappées de plein fouet. Nul besoin de faire un dessin : le sida, c’est la 
maladie du pauvre et de l’exclu. Celle qui accentue les 
inégalités et renforce les discriminations.

Depuis l’avènement des trithérapies, des 
populations entières en sont privées. Pendant 
que le virus poursuit son œuvre, les laboratoires 
préservent leurs intérêts et les opinions publiques relâchent leur vigilance. Notre acharnement à 
défendre l’accès aux médicaments pour tous et à lutter contre les égoïsmes ne doit en être que plus farouche.

Dans ce contexte, le rôle d’une association 
comme Solidarité Sida, consiste à faire confiance à une jeunesse toujours prompte à aider ceux qui en ont besoin, à prévenir ses pairs ou à dénoncer les 
injustices. Mais aussi à travailler main dans la 
main avec les acteurs de terrain, ici et là-bas, pour 
briser la logique de 
l’inéluctable. Plus qu’une mission, un engagement porteur d’espoir.

Voilà vingt ans que de Paris 
à Ouagadougou, de Bombay à Brasilia, en passant par Saint-Pétersbourg et Port-au-Prince, bénévoles 
et militants s’engagent 
avec une détermination
 sans faille, des bénévoles 
et militants sans lesquels 
les simples notions 
d’espoir et de solidarité 
resteraient des termes 
désincarnés.

Voilà vingt ans qu’avec eux, Solidarité 
Sida soutient des hommes et des femmes en 
première ligne d’une guerre que pas un d’entre 
eux n’imagine perdue. Vingt ans d’amitié 
tissée dans l’échange et l’adversité, avec l’unique objectif d’être utile à ceux qui souffrent.

À eux tous, nous voudrions redire notre fierté de travailler à leurs côtés. Merci à eux, merci aussi
 aux centaines de milliers d’anonymes et aux 
nombreux partenaires qui ont aidé à rendre notre action 
possible. Ensemble, nous avons contribué à transformer un combat perdu d’avance en une 
espérance qui l’emporte sur la résignation. Ce n’est pas le plus anodin de nos succès.

Antoine de Caunes et Luc Barruet
Président d’honneur et Directeur-fondateur